On pensait que la « clean girl » allait nous libérer. Qu’après des années à courir après le contouring parfait, le smoky-eye dramatique et la fast-fashion ultra-saturée, on allait enfin respirer. Place au naturel, au bien-être, au « fais ce qui te fait du bien ». En théorie, c’est beau. En pratique ? On a juste troqué une pression contre une autre. Et si on en parlait ?
📍 Icônes & griffes incontournables de la mode 2025
Miu Miu, Jacquemus, Coperni… Ces marques redéfinissent les codes du style post-pandémie, entre minimalisme sensuel et audace Y2K.
Chez les influenceuses, Hailey Bieber ou Dua Lipa dictent un tempo esthétique où l’ultra-glow côtoie le grunge romantique.
✨ Esthétiques et micro-tendances à surveiller
Balletcore, Scandi cool, Coquette aesthetic ou encore balaclava d’été… les styles mutent, fusionnent et se réinventent à une vitesse folle. Même les sous-vêtements avec Skims ou les coupes sexy de Mirror Palais s’affichent désormais comme pièces fortes.
Le retour de la beauté invisible (ou presque)
Glowy, saine, épurée… La beauté 2025 se veut douce, presque imperceptible. On te vend des routines « minimalistes » à 9 étapes, des soins « transparents » à 70€, et des fonds de teint qui doivent être « comme ta peau, mais en mieux ». Résultat ? Tu passes quand même 40 minutes à chercher l’éclat parfait pour avoir l’air de ne pas y avoir pensé.
Le paradoxe est là : on célèbre le naturel, mais un naturel parfaitement calculé. Une peau nue… qui a vu passer une esthéticienne, un sérum resurfaçant, un gua sha et un filtre VSCO.
Mode : du dopamine dressing au beige qui rassure
Côté fringues, même tango. On a adoré le retour des couleurs pop, du rose fuchsia, des paillettes assumées. On a cru à un moment que les codes explosaient. Puis la vague “quiet luxury” a tout calmé. Beiges, gris, silhouettes épurées, intérieurs neutres et sacs à 3 SMIC. Tu veux exister dans la tendance ? Il te faut le bon pantalon wide leg, le bon tote bag, la bonne sobriété. Bref : c’est minimal, mais très codé.
Mais où est passé le plaisir ?
Ce n’est pas que ces tendances sont mauvaises en soi. Beaucoup de femmes y trouvent du réconfort, une esthétique plus douce, un rapport plus apaisé à leur image. Le souci, c’est quand elles deviennent un nouveau cadre. Une nouvelle norme implicite.
Et là, la boucle est bouclée : tu ne te maquilles plus “pour les autres”, tu ne t’habilles plus “selon les dictats”, mais tu te retrouves quand même à t’auto-évaluer devant le miroir, version post-influenceuse en mode “est-ce que j’ai l’air naturelle de manière cool ou négligée de manière triste ?”
La beauté devrait être un terrain de jeu, pas un test de conformité déguisé en douceur.
Celluloidz, c’est quoi le plan B ?
Chez Celluloidz, on s’est posé la question : est-ce qu’on peut parler de beauté, de style, de peau, sans jamais glisser dans la tyrannie douce ? Spoiler : oui, mais ça demande de la vigilance. Et surtout, une grande dose de second degré.
Alors on explore. On teste des soins pour le plaisir des sens. On rit de nos routines bancales. On regarde les tendances avec curiosité… mais sans s’y perdre. Bref, on cultive le flou. Celui dans lequel on peut être à la fois glowy et en pyjama, stylée et bordélique, chic et un peu paumée.
Et si on arrêtait de suivre les tendances pour redevenir un peu plus… imprévisibles ?
Article rédigé avec Sarah, rédactrice pour Celluloidz
FAQ – Mode & beauté 2025
Pourquoi parle-t-on d’injonctions douces dans la mode actuelle ?
Parce que même les tendances qui prônent le naturel peuvent créer des normes implicites, difficiles à suivre sans pression.
La tendance clean girl est-elle vraiment libératrice ?
Cela dépend de la manière dont on s’en empare : si elle devient une norme rigide, elle reproduit les anciens schémas sous une forme plus douce.




